18 septembre 2009
Premier récital d'Elena Frolova à Bruxelles
Bref compte rendu
par Stéphane Joncker
Que la vie soit un poème aussi beau
que ceux qu'a rêvés ton intelligence.George Sand
D'emblée elle donne le ton. Debout seule à l'avant de la scène, elle entame a cappella un long chant poétique russe. Dès les premières minutes, Elena Frolova force le respect. Sa voix est d'une justesse extraordinaire et d'une incroyable pureté. Empreinte d'une émotion contenue qui en impose par son assurance.
Ici, personne, ou presque, ne la connaît. En Belgique, seuls quelques initiés ont entendu son nom. Le public présent est venu en grande partie par le bouche à oreille ou par souci de découverte. Il n'est pas prêt à donner son aval sans d'abord se forger son propre avis.
Elena Frolova est entrée en scène habillée tout de long, les pieds nus, la guitare serrée contre la poitrine. En l'espace d'une heure et demi, elle va petit à petit conquérir un public qui courbera l'échine sous le charme. Dans un anglais qu'elle prononce doucement, elle présente chacune de ses compositions et dit un petit mot à propos des poètes russes qu'elle met en valeur. Toute son admiration va en particulier aux élégies de Marina Tsvetaeva qu'elle considère comme la plus grande poétesse contemporaine.
Au fil des chansons, dans une lente et longue progression, Elena Frolova va apprivoiser son public. Elle donne le meilleur d'elle-même dans chacun des morceaux interprétés. On la sent tout habitée de l'âme des poètes, elle a le visage marqué de ceux qui vivent leurs paroles et, quand elle lève les talons, on la dirait qui s'envole vers un ailleurs sublimé. Cette femme au sourire désarmant et d'une vraie modestie est de la trempe d'un Jacques Brel.
Deux jours plus tôt, Elena Frolova s'était produite à Anvers devant un public restreint mais subjugué. N'aurait-elle qu'un seul spectateur, elle n'en ferait pas moins. Quand on sait que trois heures lui sont nécessaires avant un spectacle pour entrer en condition, quand on sait encore que son répertoire varie d'une soirée à l'autre, on comprend mieux sa manière à elle de s'éloigner de la routine et sa volonté farouche d'interpréter chacune de ses chansons avec la sensibilité et la fraîcheur d'une première fois.
Le public bruxellois, attentif, lui a bien rendu le respect qu'elle a eu pour lui. De chanson en chanson, les applaudissements ont gagné en puissance, marquant en finale une totale adhésion. Si bien qu'au moment du rappel, Elena Frolova, la pure, a interprété un chant traditionnel russe, laissant dans son dos un micro dont elle préférait se défaire.
Beaucoup d'émotion et, pour ceux venus ce soir-là, le sentiment d'avoir découvert une perle rare.
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Page d'annonce des concerts d'Elena Frolova en Belgique en 2009